Objet insolite - assez rare - qui réunit une myriade d'interprètes aussi différents que Linda Rabin, Sophie Corriveau, Catherine Tardif, Anne Thériault, Caroline Gravel, Frédéric Gagnon et Catherine Lalonde autour d'une esthétique aussi singulière que celle de Jean-Sébastien Lourdais.
Milieu de nulle part | Fabrication danse | Jean-Sébastien Lourdais
Sur la photo : Frédéric Gagnon | Crédit photo : Georges Dutil
Ce
chorégraphe résolument atypique se démarque depuis plus d’une dizaine d’années
dans le paysage chorégraphique montréalais par une démarche à la fois rigoureuse et
insolite qui se nourrit des approches du Body Mind Centering
et du Continuum.
Voir différents corps l'incorporer.
Avoir la sensation d'assister à un même et unique
solo, relayé par les uns et les autres qui entrent tour à tour dans cet
exercice du jeu des états de corps. Même s'ils sont
différents de corps en corps (c'est d'ailleurs ce qui rend le spectacle aussi captivant).
Dans la lignée du solo Vers qui allait vers une destination inconnue, nous voici résolument plongés "au milieu de nulle part"...
Les éclairages de Jean Jauvin qui créent des îlots surgis du néant, contribuent à créer cette sensation du "nulle part". Cette danse qui échappe au
sens et au cérébral nous place résolument dans une écoute du corps qui se métamorphose de
manière continue. Délicieuse étrangeté.
Extrait du solo Vers interprété par Jean-Sébastien Lourdais lui-même :
Dans Je suis un autre, Catherine Gaudet met en scène l’ambigüité de la relation à deux. Ni victime ni bourreau, chaque danseur
glisse subtilement d’un rôle à l’autre. Les rôles s’inversent et les rapports de pouvoir s’échangent pour un duo
cruellement (et délicieusement) troublant dans lequel on ne sait plus distinguer le bon du méchant. L’oppression n’est jamais à sens unique. Les actions se répètent mais ne se
ressemblent pas.
« Ma vie a un
petit arrière-goût de confusion. Je ne suis pas ce que je présente au
monde. »
Je suis un autre de Catherine Gaudet Danseurs : Dany Desjardins et Caroline Gravel Crédit photo : Julie Artacho
L’immobilité scalpe le mouvement pour
lui conférer une dimension inattendue : une scène de coït se cristallise
soudain dans une imagerie biblique de pietà.
Qui souffre, qui
jouit ? Les troublants corps à corps qui unissent Caroline Gravel à Dany
Desjardins sont aussi désarmants qu’imprévisibles. La tension dramatique plane
à travers la lenteur de leurs gestes et dans la décomposition de leurs ébats. Les arrêts sur image interrompent et découpent
l’action physique pour un silence teinté de drame. Un silence suffisamment long
pour nous faire basculer du trop-plein au vide, dans une sensation de vertige mêlée
à un insoutenable sentiment de malaise.
« Je surveille mes commentaires, je retiens mes gestes, je ne me
lance pas spontanément sur l’objet de mon désir et mon corps ne se
liquéfie pas lorsque j’essuie l’échec. »
Les interprètes baragouinent des paroles
incompréhensibles, déformées par un état de corps primal qui engloutit
littéralement le langage. Du réflexe de nourrisson à l’instinct
animal, le désir de l’autre se perçoit comme un instinct de survie. Des séquences d’états de corps étranges (nourrisson, animal,
pulsion sexuelle, transe orgiaque) glissent vers des séquences théâtrales
désarmantes de réalisme où les deux danseurs se rencontrent : « Dany
Desjardins ! Caroline Gravel ! Qu’est-ce que tu fais là ?
J’étais cachée… » Ces mises en abyme et effets de réel basculent savamment
dans le drame où la violence gratuite flirte avec l’absurdité. Une violence sourde émane de la pièce et
des corps mis en scène.
« Je me contiens. Je demeure droit.
Souriant. Social. J’ai ma fierté.
Mais en dessous, je suis une zone
ambiguë et floue ».
Arrêt sur image. Et soudain, c’est Caroline Gravel qui
semble tenir les rênes de la situation. Elle est une autre. Qui manipule
l’autre ? Aucune relation n’est évidente. Le sens est malmené par des
états de corps qui trahissent des contradictions entre l’être et le paraître,
entre le désir de l’autre et l’envie d’être soi. L’ambiguïté du sentiment. Qui
suis-je ? Il s’agit à la fois pour l’individu de rentrer dans le cadre et
tenter d’en sortir. Le carré de lumière dans lequel évoluent les deux danseurs
est d’ailleurs cerné d’une obscurité qui semble parfois littéralement les
aspirer.
« Je suis végétal, animal, matière en devenir. Je suis
un autre. » (Catherine Gaudet)
À travers le chaos intime
surgit le partage d’un drame social dans lequel l’identité vacille. Nous sommes des autres...
Dans The Most Together We’ve Ever Been, le
duo Ame Henderson et Matija Ferlin pousse l’art du vide (et de l’absurde) à son
comble en interprétant tout au long du spectacle une succession d’innombrables recommencements.
Affublés de lunettes noires et d’une étrange démarche sur demi-pointes (comme s’ils marchaient littéralement sur des œufs), chacun des
interprètes demeurent totalement détachés des actions, nous livrant une suite
inexorable de débuts possibles, tous aussi absurdes les uns que les autres.
L’action répétée de leurs entrées et sorties depuis une porte de fond de scène
donne à la dramaturgie un goût burlesque.
The Most Together We've Ever Been | Tangente (2009) | Crédit photo : Sandra Lynn Bélanger
Sur scène, un amoncellement d’objets
lourds et disparates envahissent le plateau. Le scénographe Mauricio Ferlin a
ainsi imaginé un concept de décor encombrant qui ne coûte aucun frais de
transport. En effet, 6 à 8 groupes d’objets composent l’imposante scénographie empilés
dans une logique d’entreposage : bidons, containers, matériel de
construction, etc. La sélection s’effectue sur place par un artiste local
chargé de collecter des objets dans le lieu où se déroule le spectacle. Il y
apporte sa touche personnelle en y intégrant des objets personnels. La consigne
s’adapte ainsi différemment à chaque théâtre. L’action semble ainsi se dérouler
dans un entrepôt quelconque, un no man’s
land d’objets hétéroclites.
The Most Together We've Ever Been | Tangente (2009) | Crédit photo : Sandra Lynn Bélanger
Les deux interprètes terminent le tout en
beauté en venant chercher un à un les spectateurs pour sortir de la salle par
le même chemin qu’ils ont emprunté pendant une heure. Le public participe ainsi
furtivement au spectacle, reprenant par sa démarche et par ses regards en
arrière, certains éléments de la « chorégraphie » dans une troublante
opération de mimesis puisqu’il
devient, à son tour, l’objet du spectacle.
Benoît Lachambre et Louise Lecavalier évoluent sur scène dans un décor
entièrement blanc, tels deux personnages de bandes-dessinées perdus sur une
page vierge. Plus qu’un duo, Is
You Me est un trio : en effet, l’artiste visuel Laurent Goldring
intervient tout au long du spectacle à travers des projections d’images qui
recouvrent à la fois le fond de scène et le plateau en pente douce. L’espace
scénique devient ainsi l’écran sur lequel se projettent en temps réel les
tracés de Goldring, tandis que son dessin réalisé en direct offre au spectacle une
scénographie mouvante doublée d’effets lumineux provoqués par les contrastes
entre le noir et le blanc. Des traits noirs remplissent progressivement le fond
blanc et habillent littéralement l’espace, créant des pleins et des vides, tout
comme les costumes noirs et blancs des deux protagonistes présents sur scène.
Goldring interagit avec les danseurs tant au niveau du rythme du
mouvement qu’au niveau de sa forme et de sa dynamique, parfois en contraste, parfois
en écho. Ces interventions visuelles affectent directement la présence des deux
danseurs en les fondant tantôt dans le décor ou, au contraire, en les y
détachant radicalement. Ainsi, les lignes et les pleins dessinés sur le fond et
le sol disparaissent parfois d’un coup de clic quand Goldring appuie sur la
touche « effacer », créant alors la sensation soudaine d’un vide
immense ; les danseurs demeurant tout à coup les seules taches noires sur
un décor entièrement vide et à l’allure apocalyptique. Cet impact visuel
provoqué par la couleur blanche suscite chez le spectateur une intense sensation
de vertige.
L’ambiance
musicale robotique aux accents hip-hop du compositeur Hahn Rowe enveloppe les
mouvements déliés des danseurs, tandis qu’ils enfilent des vestes à capuches
pointues qui leur donnent alors davantage l’allure de personnages issus d’un
univers de science-fiction.
Dans
cette pièce, les danseurs se confondent même parfois entre eux dans un troublant
jeu d’illusion dont le spectateur ne saisit plus vraiment ni qui est qui, ni à
qui appartiennent les membres, déjouant ainsi les axes et orientations
anatomiques au point de créer des corps insolites, voire mutants, défigurés et
difformes, sans tête, à 4 bras ou encore avec des jambes à l’envers du torse et
aux mouvements désarticulés.
Dans ce duo, les rapports de
couple traditionnels en danse contemporaine sont bouleversés,
voire annihilés. En effet, il ne s’agit plus de mettre en scène un
homme et une femme dans une relation fatalement amoureuse et tumultueuse, se
repoussant tout en s’attirant farouchement dans un idéal fusionnel et
passionnel. Les créations de Benoît Lachambre s’enracinent ainsi résolument
dans une pratique de la performance où les stéréotypes de certains
rapports au corps basculent pour faire surgir d’étranges états de corps et
« une perception de soi en constante mutation »[1].
Visages
dissimulés, personnages asexués, chacun peut être l’autre, son double, son
pendant, son prolongement ou son ombre. Figure gémellaire, dédoublement, jeu de
miroir, mais en aucun cas deux figures complémentaires d'un idéal du couple
fonctionnel et pulsionnel ou encore dans la manipulation de l’un sur l’autre et
dans un partage organisé du pouvoir. Loin de s’effacer, l’identité se
démultiplie. Le corps évolue ainsi dans une incessante transformation.
Montréal, juin 2008.
Is You Me Une création de LaurentGoldring,Benoît Lachambre, Louise Lecavalier, Hahn Rowe Assistante artistique France Bruyère Dansé par Benoît Lachambre et Louise Lecavalier Compositeur et musique live Hahn Rowe Scénographie, lumière, film, projections Laurent Goldring Costumes Lim Seonoc Direction technique Philippe Dupeyroux
Telle une pièce d’Eugène
Ionesco, aucun accessoire mentionné dans le titre n’est présent dans la pièce Manteau long en laine marine porté sur un
pull à encolure détendue avec un pantalon peau de pêche et des chaussures
pointues en nubuck rouge. Tout le jeu consiste pour le binôme Delgado Fuchs
à décevoir une à une toutes les attentes du public et, paradoxalement, à le
surprendre.
Leur recherche chorégraphique se décline dans la plus grande
simplicité, d’apparence innocente et ingénue. Ainsi, ils se livrent à des
séries d’exercices de réchauffements et d’étirements physiques qui à force de
répétition glissent doucement vers l’équivoque et le trivial.
Marco Delgado et Nadine Fuchs
Déjouant les
codes du spectaculaire, ils remportent même le pari d’« être nus sans être
nus » en interprétant un pas de deux dans une nudité intégrale, chacun
recouvrant cependant le sexe de l’autre par sa main.
Poussant le vice de chaque
parti-pris, Nadine Fuchs s’habille ensuite en rose bonbon de la tête aux pieds,
en passant par ses sous-vêtements jusqu’aux bottes à talons. Son complice en
fait de même avec un costume et chapeau haut de forme conçus dans une même
gamme chromatique : bleu azur. Ces deux couleurs donnent à chaque
personnage une image d’Épinal de l’homme et de la femme.
Le duo pousse leur
réflexion sur la spectacularisation du corps jusqu’au bout en terminant leur
pièce avec des panneaux grandeur nature à leur effigie. Les spectateurs sont
alors invités à poser derrière grâce à des ouvertures effectuées au niveau des
visages, comme pour un souvenir de vacance, grâce à un appareil photo polaroïd
laissé à leur disposition. L’image des deux interprètes devenant ainsi
emblématique du spectacle, n’importe qui peut poser, en souvenir, dans leurs
corps idéals.
Tout se pète la gueule, chérie... Le désarroi du mâle contemporain, c’est comme une course contre un mur ou une voie sans issue.
C'est comme une bouteille de bière vide.
Le
faune, le cowboy, l'animal, le guitariste, le danseur… La figure
masculine se fissure. Ses points d’appui se dérobent. Déséquilibrée, la
brute s’ébranle et chute.
Casquette, lunettes
noires, guitare, bottes de cowboy et bière. Ses attributs sont devenus
dérisoires. Sa bestialité est désormais vulnérable, ses élans vains, ses
muscles inutiles, sa chute inévitable. Voire émouvante.
Une gorgée de bière, un coup de bassin, une goutte de sueur, un muscle qui se relâche : l’état de grâce de la débandade.
Les
spectacles de danse européens sont quasiment caricaturaux tant ils sont
déroutants, voire insondables. Plonger dans un spectacle de danse européen,
c’est un peu comme regarder un film de Jean-Luc Godard : on n’est pas
certain de tout comprendre et souvent l’ennui nous guette… Qu’on aime ou qu’on
n’aime pas, on est confronté à des objets artistiques originaux et
insaisissables, qui exigent une attention particulièrement soutenue, des œuvres
énigmatiques dont il nous manque parfois un mode d’emploi ou un décodeur.
La
France était l’invitée de l’Agora de la Danse cet automne dans le cadre de sa
série « Destination : Danse ». L’Agora de la danse accueillait à cette occasion quatre chorégraphes français choisis
dans le cru 2008 des Rencontres Internationales de Seine-Saint-Denis :
Nacéra Belaza, Fabrice Lambert, Julie Nioche et Pierre Rigal. À la sortie de
ces spectacles, le public semblait perplexe, sans doute déboussolé dans ses habitudes.
Malgré leur esthétique épurée, ces œuvres témoignent de
rigoureuses recherches chorégraphiques.
Matter de Julie Nioche | Crédit photo : Jérôme Delatour
Avec Matter, Julie Nioche présente une œuvre
visuelle plus que chorégraphique dans laquelle quatre danseuses enfilent
d’impressionnantes robes de papier blanc conçues par Nino Chubinishvili. Cet
habillage consciencieux s’effectue tel un rituel, une étrange cérémonie. Attribut
féminin par excellence, la robe évoque une féminité imposée ou idéalisée,
tandis que le blanc renvoie à la pureté et à l’innocence juvénile d’une poupée,
d’une communiante, d’une vierge ou d’une jeune mariée.
Chaque danseuse demeure
immobile, sage et docile, dans son carcan immaculé. L’univers graphique de la
pièce repose sur le contraste entre le blanc angélique de ces robes et du tapis
de scène et le noir qui recouvre peu à peu l’intégralité du plateau. L’étonnante
scénographie conçue par Virginie Mira consiste en effet à déverser sur scène
des trombes d’eau qui se diluent progressivement avec de l’encre noire. Sous
l’effet des gouttes d’eau, le papier épouse tout d’abord le corps des danseuses,
avant de se dissoudre progressivement et de dévoiler leur peau. La posture des
danseuses, comme leur vêtement, glisse alors de la position hiératique, digne,
impeccable et droite, à la distorsion et à l’épuisement sous l’action répétée
de la chute. Les corps se métamorphosent alors, tout comme le costume qui se
déchire, se dissout et se salit au contact de l’eau puis de l’encre.
Matter de Julie Nioche | Crédit photo : Jérôme Delatour
Ce projet de collaboration
international réunit la jeune chorégraphe française et trois homologues norvégienne,
indienne et marocaine autour de la question de la féminité. Matter est
le résultat de leur expérience partagée, avec leur histoire et leur culture respectives
intimement liées au contexte familial, social et politique de chacune. À la
féminité de Julie Nioche se combine donc celles de Mia Habib, Rani Nair et
Bouchra Ouizguen.
Dans sa précédente performance intitulée Les Sisyphe, la chorégraphe invitait 10 à 100 individus à sauter pendant
20 minutes sur la
chanson « The end » du groupe The Doors, entraînant les corps dans une dépense
physique extrême jusqu’à l’épuisement. Cette démultiplication des
« individus en mouvement » permet de dépersonnaliser un propos en le
déclinant sur différents corps afin d’en multiplier les points de vue, les
sensibilités et de livrer différents témoignages d’une même expérience. La
chorégraphe construit ainsi ce qu’elle appelle une « identité
combinée », que ce soit à travers une centaine d’individus s’épuisant
pendant vingt minutes sous l’action répétée du saut ou à travers quatre femmes
perdant leur robe de papier sous une pluie d’eau.
Autre
contrainte gestuelle radicale avec Le Cri
de Nacéra Belaza qui consiste à répéter un même mouvement dans un crescendo
obsédant : un balancement de bras se réitère de manière obsessionnelle,
étirant progressivement l’amplitude du geste. Un cri silencieux semble
s’arracher du mouvement comme une douleur lancinante. Refusant l’artifice du
geste dansé, Nacéra Belaza se concentre sur un seul mouvement et le fait
évoluer tout au long du spectacle.
Toujours le même mouvement qui s’amplifie et
s’enracine dans les corps et dans l’espace à travers une transe à la fois
enivrante et inquiétante. Deux danseuses, Nacéra et Dalila Belaza, exécutent à
ce titre de manière synchronique, le même mouvement, livrant ainsi leurs corps
à un rituel relevant de l’exercice et de l’expérience sensorielle,
non sans rappeler la tradition des derviches tourneurs ou encore le troublant Fase d’Anne Teresa de Keersmaeker,
plongeant alors le spectateur dans un état d’hypnose et de résonance kinesthésique.
Quant à Fabrice
Lambert, avec Abstraction et Gravité, il présente deux des 26 courtes
pièces chorégraphiques qui compose son vaste Abécédaire entamé depuis 2005 autour du corps dansant. Difficile de
distinguer les deux mots car dans sa gestuelle, froide et minimale, tout est
affaire d’abstraction et de gravité. Dans le premier solo, le corps du danseur
drapé dans un étrange costume blanc et bouffant devient une créature
déshumanisée qui se meut dans un espace neutralisé, noyé dans l’abstraction
pure. Dans le second, l’ombre du danseur se détache sur le reflet vidéo d’une
flaque d’eau. Ce jeu sur l’image permet à l’interprète de s’extirper
progressivement de la gravité.
Fabrice Lambert | G comme Gravité Abécédaire (2008) | Crédit photo : Sarah Zhiri
Tous ces spectacles jouent
davantage sur la perception que sur la forme. Force est de constater que nos confrères européens investissent davantage dans
la recherche et la création. Leurs œuvres, bien qu’épurées, voire minimales, n’en
demeurent pas moins profondes et riches tant au niveau de la réflexion qu’au
niveau de la créativité gestuelle.